Bonjour,
Après cette trêve estivale, voici un témoignage d'un ancien conseiller municipal Nazairien. Les dernières déclarations de François BAYROU, ont réveillé quelques vieilles peurs. Voilà donc la vision
de M. ALMAZOR.
Point de vue sur les orientations du
MODEM
Certains d’entre nous se posent des questions sur l’avenir du Modem devant les choix proposés par F.BAYROU, les dires des médias, les
discours de certains de nos responsables nationaux. A partir du moment où l’on sort des comportements habituels beaucoup d’interprétations et de réactions sont possibles, ce qui peut entraîner le
désarroi voire la colère de certains citoyens de nos amis.
En politique il est toujours bon de placer dans son contexte la situation que l’on doit analyser aussi commencerai-je par quelques
rappels documentaires avant de proposer mon point de vue.
En devenant président de l’UDF Jean
LECANUET avait , dès 1978, cerné la problématique de ce courant politique : devenir « une force autonome capable de peser sur
les choix nationaux sans n’être qu’un enjeu disputé entre le Gaullisme et la Gauche à la recherche de majorités stables » Cette vision reste d’actualité : en créant le MoDem, en
2007, dans le droit fil de l’UDF, F.BAYROU a voulu un parti libéré de la vassalité électorale,
indépendant pour défendre ses valeurs ( Europe, Economie sociale de marché, Régionalisation et Subsidiarité, Mode électoral réellement représentatif de l’opinion).
Ce choix courageux n’est pas électoralement gratifiant cela explique la défection de certains notables ou d’ambitieux en quête de
pouvoir, mais il permet de restaurer la confiance des jeunes générations en l’avenir de la Nation.
En décembre 2006, au congrès de Lyon
Hervé MORIN : avait prononcé le discours suivant :
« On veut enfermer la démocratie
française dans un face à face entre UMP et PS…Sous l’alibi
de l’UNION d’une majorité, ficelée d’avance, où l’UDF joue le rôle de strapontin et de
faire valoir,
la démocratie française étouffe. Elle étouffe depuis 25 ans d’un combat pour la captation
du pouvoir
qui conduit la France et les Français à ne pas aborder l’avenir avec sérénité et
détermination.
Pour le PS et l’UMP, l’asphyxie de la démocratie française résumée à un jeu de ping-pong
entre les deux partis dominants, est la meilleure garantie pour conserver ou récupérer le pouvoir. Peu importe les solutions ; peu importe si chaque élection se joue sur des promesses
toujours plus mirobolantes et rarement tenues ; peu importe si l’on ne dit pas la vérité aux Français ; l’essentiel est d’attendre son tour puisque depuis 25 ans, il est toujours le
même : chaque majorité a été systématiquement battue à l’élection suivante ; chaque fois le perdant a été par défaut le gagnant du coup d’après et chaque fois nos compatriotes sont
sortis un peu plus désabusés par la politique et ses politiciens.
Le fossé n’a jamais été aussi grand entre le « système » et les Français. La confiance est à chaque élection encore plus minée et il sera long le chemin pour redonner crédit à la vie politique
française.
Le PS retourne à ses vieilles lunes…..La majorité parlementaire avait parait-il compris.
On s’y prendrait autrement. On ressouderait le pays. L’égalité des chances serait au cœur des politiques. L’emploi serait une priorité avec des
recettes nouvelles. Les valeurs républicaines seraient au centre de l’action gouvernementale. L’Etat serait réformé pour être plus
efficace………
Il n’a rien été de tout cela : l’UMP
s’est refermée sur elle-même assurée de devenir un rouleau compresseur électoral, un instrument de pouvoir pour le pouvoir. On promettait un instrument pour une politique qui rassemble les
français au lieu de les fractionner, pour une politique résolument audacieuse qui prenne des risques, assumant ses responsabilités (et ses promesses) …
Nous vivons dans un monde ancien, reposant sur des mécanismes anciens alors que la France
navigue dans un monde nouveau. ».
Et d’énumérer « Les prélèvements
obligatoires qui ne cessent d’augmenter sauf pour quelques uns …la France qui continue à vivre à crédit…la recherche, l’université, pourtant points essentiels d’une économie moderne fondée sur
l’innovation sont restés parents pauvres »…
Cela m’évoque le bouclier fiscal, la dette qui s’accroît, le déclassement mondial de nos universités, le
chômage grandissant que n’explique pas la seule crise.
« Et avec tout cela, il faudrait que l’UDF demeure dans les schémas anciens ;
qu’elle ne prenne pas de risques ? Oui c’est un risque mais c’est la nature de la politique de proposer un nouveau chemin, une autre politique qui rompt avec la bipolarisation ou le
bipartisme dans lequel on veut enfermer la démocratie française. Il faut proposer une autre politique et une autre façon de faire de la
politique !!! »
Que ce discours reste d’actualité 3 ans après ! Combien ce discours a été oublié par celui qui
l’avait prononcé et par tant d’autres qui l’avaient partagé et bien vite oublié contre un maroquin ministériel ou un succès électoral qui permette de poursuivre une carrière
politique.
Qu’a fait F.BAYROU si ce n’est que se conformer à ces propositions
défendues par les H.MORIN, F.SAUVADET, de COURSON, LAGARDE entre autres :
« On a cherché pendant des années à faire croire aux français que finalement nous
sommes tous pareils et que s’il y avait des divergences, c’était affaire d’ambitions d’hommes et non pas de vision pour l’avenir), C.de
COURSON (assainir les finances publiques), JC. LAGARDE (renforcer les pouvoirs du
Parlement).
Je pourrais multiplier les exemples autant de fois qu’il y a de
parlementaires ralliés que ce soit à la Chambre des Députés ou au Sénat !!
Qu’a fait F.BAYROU en ne votant pas pour l’actuel programme du Président de
la république si ce n’est que de pressentir les dérives ou les « oublis » du gouvernement actuel.
Que fait F.BAYROU en proposant le dialogue avec des gens de tout bord, si ce
n’est de trouver entre Français une solution à nos problèmes nationaux et enfin sortir de l’éternel fatalité de l’alternance PS/UMP et de leurs choix obligés et inefficaces ou nous conduit le
mode électoral de la Vème République.
Que nos amis du Modem, nostalgiques de l’Union ancienne, anxieux devant l’avenir électoral ou l’ambition politique regardent l’état de
la France, le pessimisme et le renoncement des Français envers la politique et leurs droits politiques.
Qu’ils considèrent un instant ce que sont devenus tous nos chefs, nos élus, nos maîtres à penser la politique depuis qu’ils ont été
absorbés par l’UMP !!!!!
Que sont devenues nos idées mise à la façon des néo gaullistes.
Que sont devenus les MEHAIGNERIE, BAROT, BOSSON, ARTHUIS, STASI pour n’en citer que quelques uns : ils ont des
« responsabilités au sein de l’UMP » mais qui entend encore leurs voix ?
Quel est le poids de leurs idées qu’ils voulaient faire partager aux Chiraquiens puis aux partisans de l’actuel
Président ??
En Loire Atlantique que je connais bien, combien d’élus sont tombés dans la chausse trappe électorale de l’Union pour au final quel
résultat politique lisible par les citoyens ? Et cela doit valoir pour d’autres départements !
François BAYROU à exprimé clairement
son point de vue lors des universités d’été de 2009 :
· Il a proposé de dialoguer avec tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la gestion impulsée par l’UMP. Dialoguer entre gens
différents, sans préalables ni conditions, chacun restant fidèle à son identité mais en gardant en perspective l’objectif à atteindre. Est-ce de
venir Socialiste ou Communiste que de dialoguer comme chacun peut le faire dans un Conseil Municipal face à un problème à résoudre ? Sommes-nous
devenus UMP lorsqu’on approuve une loi juste au Parlement. Et à contrario le Président devient-il socialiste lorsqu’il accepte de travailler avec des gens de gauche ou devient-il
« Villieriste » lorsqu’il accueille le président du conseil général de Vendée au sein de sa majorité ?
Ne nous laissons pas intoxiquer par l’opprobre de nos contradicteurs, menons notre combat politique qui n’a rien à envier à d’autres
en sagesse et en loyauté.
· En douze points F.BAYROU nous a donné une
sorte de feuille de route avec des repères précis dont aucun n’est en contradiction avec notre charte éthique et notre vision de la République.
· Il a également précisé
que des décisions conformes à nos aspirations recevront toujours le soutien du Modem
· Enfin il a bien répété
au cours d’interviews qu’il ne s’opposait pas par principe au Président mais que nous nous opposerons aux seules initiatives politiques en
contradictions avec nos idées et notre vision des intérêts des Français.
Les choses ainsi posées sont claires, à chacun d’entre nous de choisir s’il
veut combattre pour ces idées ou choisir un autre chemin politique. Les autres arguments ou états d’âmes n’ont guère de poids face à la nécessité de faire avancer la France et les Français vers
un avenir meilleur.
En conclusion :
Cessons d’être des supplétifs, cessons d’avoir peur d’innover, cessons de craindre de ne pas être élus.
Sauvons de la catastrophe un parti qui incarne notre idéal plutôt que de le brader à des « amis
politiques » qui demeurent des adversaires électoraux parce qu’au fond ils ne partagent pas nos idéaux.
L’histoire politique récente, au travers de la crise, illustre bien ce fait dont chacun doit prendre conscience.
Cela n’exclu pas le dialogue, le soutien à des initiatives justes, cela n’exclu pas la coopération à un projet commun ou chacun
conserve son identité, son libre arbitre son autonomie et son jugement politique et …aussi son autonomie matérielle pour conserver les moyens de sa liberté.
Et le moment venu, les Français, décideront par leur vote le choix qui leur
convient.
Voilà mon point de vue de « Centriste » attaché au projet que nous avions
défendu lors de la Présidentielle, attaché à l’originalité et l’indépendance de notre parti, attaché à vouloir construire l’avenir Humain, Social, Economique, Ecologique d’une démocratie
représentative de ses citoyens et présente dans l’histoire du monde.
Michel ALMAZOR ancien élu municipal à Saint Nazaire
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